21.02.2009

Sans souci

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Je chanterai ce chant nouveau : la nudité.
La pureté réelle est vide de pensée ;
La pensée, elle doit se tenir à l'écart.
C'est ainsi, moi que j'ai perdu ce qui est moi.
Je suis réduit à rien.
Qui s'est dépouillé de l'esprit
ne peut plus avoir de souci.

Ce qui m'est étranger cesse de me leurrer.
Et j'aime autant être pauvre que riche.
Point d'image qui me contente :
il m'a fallu me vider moi-même.
Je suis réduit à rien.
Qui s'est dépouillé de l'esprit
ne peut plus avoir de souci.

Veux-tu savoir comment je me passai d'images ?
C'est lorsqu'en moi, j'embrassai l'unité,
car telle est l'unité réelle.
Et la douleur pas plus que l'amour ne m'émeut.
Je suis réduit à rien.
Qui s'est dépouillé de l'esprit
ne peut plus avoir de souci.

Veux-tu savoir comment je dépouillai l'esprit ?
C'est lorsque je cessai de distinguer,
hormis, en moi, la divinité une.
Or, je n'ai pu le taire et j'ai dû l'avouer :
je suis réduit à rien.
Qui s'est dépouillé de l'esprit
ne peut plus avoir de souci.

Depuis que me voilà perdu dans cet abîme,
j'ai cessé de parler, je suis muet.
Oui, la divinité m'a englouti.
Je suis dépossédé,
et c'est pourquoi les ténèbres m'ont réjoui.

Depuis le temps où j'ai rejoint mon origine,
j'ai cessé de vieillir et j'ai dû rajeunir.
Ainsi toute ma force a disparu,
et elle est morte.
Qui s'est dépouillé de l'esprit
ne peut plus avoir de souci.

Or donc, celui qui disparaît
et qui trouve sa nuit,
est tout aussi riche, étant exempt de misères.
Ainsi les feux d'amour
m'ont soudain consumé.
Et j'en suis mort.
Qui s'est dépouillé de l'esprit
ne peut plus avoir de souci.


Johannes TAULER


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17.02.2009

Le secret de toute l'histoire

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Quel fut donc le commencement de toute l'histoire ?
Une existence qui s'est multipliée pour la seule joie d'être
et qui s'est plongée en d'innombrables milliards de formes
afin de pouvoir se retrouver elle-même innombrablement.

Et quel en est le milieu ?
Une division qui tend vers une unité multiple,
une ignorance qui peine vers le torrent d'une lumière variée,
une douleur en travail pour arriver au contact d'une extase inimaginable.
Car toutes ces choses sont des formes obscures et des vibrations perverties.

Et quelle sera la fin de toute l'histoire ?
Si le miel pouvait se goûter lui-même
et goûter toutes ses gouttes à la fois,
et si toutes ses gouttes pouvaient se goûter l'une l'autre,
et chacune goûter le rayon tout entier comme elle-même,
telle serait la fin pour Dieu, pour l'âme de l'homme et l'univers.

L'Amour est la tonique,
la Joie est la mélodie,
le Pouvoir est l'accord,
la Connaissance est l'éxécutant,
le Tout infini est à la fois le compositeur et l'auditoire.

Nous connaissons seulement les discordances préliminaires,
qui sont aussi terribles que l'harmonie sera grande ;
mais nous arriverons sûrement à la fugue des divines béatitudes.

Sri Aurobindo


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14.02.2009

Dans la nuit

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Celui qui a rassemblé ses sens
à l'intérieur,
entend l'indicible
et voit dans la nuit.

Angélus Silésius


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13.02.2009

Mon propre miroir

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Dieu fut mon miroir durant trente années.
Je suis désormais mon propre miroir.
Cela veut dire que rien de ce que je fus n'a été abandonné.
Je ne suis plus, c'est tout : Dieu est à Lui-même son miroir.
Aussi est-il légitime de dire que je suis mon propre miroir.
Son regard seul s'y lit.
Il parle avec ma langue et je ne suis pas là.

Farid-udd-din Attâr

10.02.2009

La Mort

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La Mort est simplement ce qui semble séparer le corps éternel
du Divin de Son âme éternelle.
Elle ne Lui est pas étrangère.


Elle est l'acte éternel par lequel Il se manifeste sans fin,
le geste par lequel Il passe perpétuellement
de Son immobilité qui contient tout
à Son mouvement qui exprime tout.

Archaka

08.02.2009

L'amour

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L'amour est sa propre divinité.
Abandonne pour lui le fardeau d'un esprit ingénieux,
et tu ne redouteras plus l'angoisse de tes amours.

L'amour n'est pas encerclé par l'espace et le temps,
ni par les inventions sans joie de l'esprit.

L'amour se plaît dans la richesse d'un coeur
qui a longtemps erré parmi la confusion des objets de sa poursuite.

Le Soi, le Bien-Aimé,
ce que chaque chose recèle d'adorable,
est l'immortalité de l'amour.

Pourquoi chercherais-tu plus loin ?
Ami, pourquoi chercherais-tu plus loin ?

C'est dans la poussière d'un amour désordonné
que se trouve la route infinie de la vie.


J. Krishnamurti


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05.02.2009

Douce lumière

 

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Beauté féline dans la douceur de la lumière...

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02.02.2009

Le monde de la Réalité

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Lorsque nous pénétrons dans le monde de la Réalité le désir disparaît,
puisque nous sommes tout ce qui existe et qu'il n'y a rien à désirer hors de la Réalité.

Pourquoi désirer une chose quand on est tout et que l'on sait que son être forme tout.
Lorsque nous avons vu la Réalité, il n'y a pas un grain de poussière qui n'ait un sens sublime puisqu'il fait à jamais partie de l'Eternel.

J. Vanderleeuw


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